lundi 29 juin 2015

Texte intégral de l’intervention d’Éric Zemmour au Tribunal Correctionnel de Paris le 24 Juin 2015.

" Je vous avoue que j’ai longuement hésité à venir à l’audience. Mon avocat me déconseillait plutôt de me déplacer, pour conserver, disait-il, aux débats leur caractère technique.



J’ai décidé pourtant d’assister à cette audience. D’abord par respect des magistrats, de la cour, et au delà des institutions de la République. Mais aussi par curiosité. Je voulais comprendre ce qu’on me reprochait. Comprendre quelle loi ou quelle partie de la loi j’avais enfreint.
Après tout, nul n’est censé ignorer la loi. Je voulais comprendre pourquoi le procureur, le représentant de l’Etat, m’attaquait pour des propos qui ne faisaient pourtant que décrire des faits, une réalité, amplement retranscrite: «des bandes étrangères venues d’Europe de l’Est écument notre pays», ça passe; mais quand on dit: «des bandes de tchétchènes, Kosovars, Roms dépècent, dévalisent, violentent, ou dépouillent», ça ne passe pas. Lui n’est pas déféré, moi, je le suis.

Je comprends bien le point de vue du procureur : il favorise la concision.
L’ellipse est préférée à la description clinique. Madame le procureur préfère la pudeur des impressions à l’impudeur du réalisme. Mais cette querelle littéraire est-elle de la compétence de ce tribunal ? Il faut alors qu’elle aille au bout de cette logique littéraire.
Qu’elle m’indique les bons mots et les mauvais mots, les mots autorisés et les mots interdits. Qu’elle redéfinisse les canons de la profession de journaliste. Que celui-ci ne soit plus tenu d’informer de ce qu’il voit, mais d’abord d’informer ce qu’il ne voit pas, mais qu’il est bon de voir.

J’avoue ma perplexité. Je n’ose penser que ce ne sont pas les mots qui comptent, mais ma personne. Il y a quatre ans, le procureur m’avait expliqué que ma notoriété fort grande avait pour corollaire une responsabilité aussi grande. Je constate qu’en quatre ans, j’ai encore pris du galon, puisque je suis davantage responsable, et donc davantage condamnable, qu’un ministre de l’intérieur lui-même.

Mais j’ai compris en écoutant avec soin ces débats, que ce ne sont ni mes mots ni ma personne qui importaient, mais mes pensées. Même pas mes pensées, mais mes arrière-pensées. Dans le passé, nous avions ainsi le tribunal de l’Inquisition qui dénichait la persistance des pensées hérétiques chez des marranes convertis au catholicisme. Nous avons eu plus récemment les grands procès staliniens qui traquaient les intentions contre-révolutionnaires.

A la suite de la parution de mon livre, le Suicide français, le premier secrétaire du parti au pouvoir avait dénoncé la zemmourisation de la société. Le premier ministre avait expliqué que mon livre n’était pas digne d’être lu, le ministre de l’Intérieur avait appelé à manifester contre moi, et le président du groupe socialiste à l’Assemblée Nationale avait sollicité de mes employeurs qu’ils mettent fin à mes collaborations à leurs medias.
Marie-Anne Chapdelaine, Une députée d’Ille-et-Vilaine, me chassait carrément de France : «Monsieur Zemmour, la République, on l’aime ou on la quitte ».
Aujourd’hui, je vis la version judiciaire de cette offensive médiatico-politique. On prétend faire du droit, mais derrière les arguties, ce n’est qu’une bataille politique pour me faire taire.

Il y a six mois, des millions de Français défilaient dans la rue pour défendre la liberté d’expression. Les malheureuses victimes de Charlie Hebdo avaient subi aussi une condamnation judiciaire venue d’un tribunal islamique qui les avait condamnés à mort pour blasphème. Si je comprends bien ce qui m’est reproché, la liberté d’expression, c’est bon pour les dessinateurs de Charlie, mais ce n’est pas bon pour moi. Parce qu’eux sont gentils, et moi, je suis méchant.
Eux ont des bonnes arrière-pensées, et moi j’en ai de mauvaises. Si je comprends bien, nous vivons toujours sous le règne de la phrase de Saint-Just : «pas de liberté pour les ennemis de la liberté». Cela s’appelait la Terreur. "

Eric ZEMMOUR

lundi 15 juin 2015

Vidéo Intégrale : Débat entre Eric Zemmour et Michel Onfray à Nice le 5 Juin 2015

Franz-Olivier Giesbert anime vendredi 5 juin en direct depuis l'opéra de Nice une rencontre entre Michel Onfray et Éric Zemmour.



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mercredi 10 juin 2015

Eric Zemmour sur RTL : "Le Président Turc Erdogan se rêve en calife"

Turquie : "Quand Erdogan se rêve en calife", explique Éric Zemmour.
La chronique du 9 Juin 2015 sur RTL.


Le président turc a perdu la majorité absolue qu'il détenait depuis treize ans au Parlement. Malgré cette déconvenue, il n'a rien perdu et va se relever.



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jeudi 4 juin 2015

Eric Zemmour sur RTL : "FIFA : Le droit se met au service des Américains"

FIFA : "Le droit se met au service des Américains", décrypte Éric Zemmour
La chronique du 4 Juin 2015 sur RTL.


Le journaliste s'interroge sur le bien-fondé de l'intervention de la justice américaine dans l'affaire Blatter.



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Eric Zemmour sur RTL : "Liste noire du Kremlin, le pire pour un gentil serait de se transformer en méchant"

"Liste noire" du Kremlin : "Le pire pour un gentil serait de se transformer en méchant", dit Éric Zemmour.
La chronique du 2 Juin 2015 sur RTL.



Le journaliste revient sur la diffusion d'une liste de personnalités européennes interdites d'entrée en Russie. Il la met en perspective avec les sanctions de l'UE contre Moscou.



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lundi 1 juin 2015

Eric Zemmour sur RTL : "Au Panthéon, Hollande n'a fait que montrer sa petitesse"

Panthéon : "Hollande n'a fait que montrer sa petitesse", dit Éric Zemmour.
La chronique d'Eric Zemmour du 27 Mai 2015 sur RTL.


On attendait un grand discours présidentiel au Panthéon mercredi 27 mai. Pour Éric Zemmour, l'exercice est raté.



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mercredi 27 mai 2015

Éric Zemmour sur RTL : "Le cinéma français est un survivant en Europe"

Éric Zemmour : "Le cinéma français est un survivant en Europe"
La chronique du 26 Mai 2015 sur RTL.


Éric Zemmour revient sur les films français primés à Cannes par des jurys présidés par des stars hollywoodiennes.



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